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Sursis pour une place de jeux

6.05.08

 

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Photo 1: Place de jeux d’Azzun

Photo 2: Une manifestation de soutien pour le maintien de ce qui restait de cette place de jeux.

Photo 3: Constructions israéliennes en territoire palestinien.

En 2004, le maire de la cité d'Azzun et les responsables du programme onusien de soutien aux Palestiniens ont signé un accord de financement pour la construction d'un parc de loisirs pour enfants. Azzun se trouve en nord-ouest de la Cisjordanie, en territoire palestinien. Le parc est situé à 350 mètres de la route qui relie Qalqilya à Naplouse.

L’Italie a fait une donation pour la construction de ce parc en tant que somme destinée à améliorer la condition psychologique d’enfants traumatisés par une situation de conflit politique. La première partie de cette place de jeux fut terminée fin 2004 et comprend des balançoires, un petit théâtre, une cafeteria et des toilettes. Les familles d’Azzun et des villages environnants avaient l’habitude de s’y rendre avec leurs enfants.

 

En 2005, se présente un offre américaine pour financer la seconde partie du parc avec piscine pour enfants et fontaines. Alors que les travaux étaient presque terminés, le 22.02.2006, les bulldozers de l’armée israélienne détruisirent ces dernières constructions. La destruction de la première partie construite fut également annoncée pour le 15.03.2008. La raison invoquée pour cette démolition était qu’un permis de construire n’avait pas été donné. En effet, même en territoire palestinien, aucune nouvelle construction ne peut être effectuée sans autorisation israélienne. Inutile de préciser que ces permis ne sont que très rarement donnés. 

 

Le 21.02.2008, a eu lieu une manifestation de soutien pour le maintien de ce qui restait de cette place de jeux. Des enfants, des parents, des maîtres d’école, des maires de villes et villages avoisinants, des militants pacifiques israéliens ainsi que quelques internationaux dont notre groupe y ont participé (photo No 2). Ce fut d’ailleurs un de nos premiers contacts avec la réalité palestinienne. A ce jour, la destruction programmée le 15.03.2008 a été repoussée et il reste à souhaiter qu’elle le sera définitivement. On peut aisément imaginer combien les enfants palestiniennes ont besoin de pouvoir s’échapper quelque peu leur dure réalité grâce au jeu. Un avocat israélien s’occupe actuellement de défendre cette cause.

 

Par contraste, vous pouvez observer sur la photo No 3 comment certaines constructions israéliennes en territoire palestinien se font sans aucune autorisation et même illégalement. Il s’agit de maisons en cours d’édification le 18.04.2008 dans la colonie illégale d’Alfe Menashe, tout près du village palestinien de Ras Atiya dont ont peut distinguer la première maison sur la droite.

 

Si on me demandait quel est le mot dont j’ai le mieux appris à connaître la signification pendant mon séjour de 3 mois, je répondrais: OCCUPATION. C’est un mot qui pour moi n’avait jusqu’alors qu’un sens très abstrait et théorique, basé uniquement sur mes lectures. Ce que j’ai vécu en Palestine m’a appris à comprendre concrètement ce que ce mot signifiait et qu’il permettait toutes sortes d’exactions telles que: occupation et démolition de maisons, limitation de l’accès à l’eau, arrestations (même de mineurs) et détentions pour simple "raison de sécurité" sans accès à un avocat, limitation de mouvement avec harcèlement et attentes interminables aux check points.

 

Pour terminer, je reprends les termes du directeur de l’hôpital de Tulkarem que nous avons rencontré et à qui nous demandions quel était le message qu’il aimerait que nous donnions à nos pays à notre retour: "METTRE FIN A L’OCCUPATION", telle fut sa réponse et tel doit être notre espoir. 

 

 

Angèle Fornerod, EA à Jayyous, le 28 avril 2008.

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