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12.03.07 00:00 Il y a: 2 yrs

La vie n'est pas un long fleuve tranquille

Categorie: First-hand information

Auteur : Claire-Lise Corbaz from Switzerland

 

Lorsque les enfants parlent de la paix...

 

 

Tout semble calme a Hébron, ce matin, apparemment calme. Car la tension est omniprésente et toujours perceptible. Des que la moindre des choses change, notre position sur le chemin de l'école par exemple, parce que la police nous a écartés ou que les soldats ne nous connaissent pas, les enfants aussi changent de comportement. Regards furtifs en arrière a la dérobée, pas accélérés jusqu'  courir aux tournants du chemin, des "marhaba" (salut) a la sauvette. Il faut dire que parcourir les rues d'Hébron (vieille ville et environs sous contrôle israélien) n'a rien d'une promenade dominicale. C'est d'abord une ville fantôme, toutes les boutiques aux portes fermées dans des rues entières sans vie. C'est le cas de Shohada street, la rue du quartier de l'école. Dans ces quartiers occupes, on ne fait pas 100 m sans un check-point, une tour d'observation sur un toit, une patrouille de soldats aux inséparables fusils, des blocs de béton qui ferment une rue, des grillages avec barbelés qui en ferment une autre. Cette omniprésence de symboles de guerre et ce pouvoir en épée de Damoclès sur la tête des gens sont lourds, lourds. Et les bruits, les odeurs, les moteurs du passage constant des jeeps de l'armée ou des camions blindes. Ce matin un nouveau soldat, plutôt autoritaire et agressif, commence par nous renvoyer malgré notre légitimation, puis contrôle les papiers d'une dizaine d'homme entre 30 et 40 ans. Une manifestation organisée par des gens de l'extérieur aura lieu dans la matinée, mais ces hommes habitent ce quartier et passent chaque matin. Une patrouille de 4 soldats tient en joue un homme qui est contrôle, comme un malfaiteur avéré, qui a pourtant ses papiers en règle. Nous passons des coups de fil pour chercher de l'aide auprès d'associations compétentes, mais le geste aura suffit. Le soldat finit par le relâcher, un peu trop ardent a sa tache.

En principe a Hébron, ce ne sont pas les soldats qui font problème, mais les colons. Tout peut se prêter a une violence physique, jets de Pierre sur les enfants, les internationaux, en plus de la mise sous pression constance par ce voisinage a haut risque.

 

Le moindre changement peut donc faire basculer un calme infiniment précaire.