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23.02.07 00:00 Il y a: 2 yrs

Un monde pour les enfants?

Categorie: First-hand information

Auteur : Claire-Lise Corbaz from Switzerland

 

 

Tous les enfants du monde ont le droit de se construire dans la sécurité, de manger et d'aller a l'école, de jouer, de rencontrer d'autres familles et de se déplacer librement. Dans le quartier de Tel Rumeida, encadre de colonies qui ont mine le quotidien de ces familles, la rue d'accès a l'école de Cortoba comporte 2 check-points de contrôle israélien et une montée d'escaliers d'accès a l'école qui a souvent été la scène d'attaques. Les boutiques de cette rue ont ferme, les fenêtres ont été protégées par des armatures en fer pour ne plus être brisées. Et quand une porte s'ouvre pour laisser passer un visage d'enfant, c'est le regard inquiet qui regarde a gauche et a droite si le passage est sur, comme en traversant une rue a grand trafic! Mais la rue est déserte et comme morte. Seules les maisons de ce familles restent des lieux de protection mais aussi d'enfermement. Nous sommes présents aux 2 check-points, saluant les enfants, cartable au dos et "récré" a la main (une centaine dans cette école) et leurs enseignants. Les soldats de cette équipe sont très coopératifs, mais ils vont changer pour 3 mois...

Au pied des escaliers, deux d'entre nous sont la, le regard couvrant tous les cotes de la rue, ainsi qu'au-dessus comme au-dessous. Une femme s'approche, avec un aspect "babacool" plus que celui d'une juive orthodoxe, le regard si dur et si fixe. Ma collègue lui adresse la parole et je me place tranquillement entre elle et les enfants qui arrivent pour prendre les escaliers et passent devant moi. Mais je sens dans sa proximité physique le flux de son silence lourd et explosif, de la haine. Elle commence a nous invectiver en hébreu et a nous insulter et c'est le soldat en poste qui vient parlementer avec elle pendant que nous nous éloignons un peu et prenons des photos. Elle rebroussera finalement chemin.

"Quand vous êtes la, on se sent en sécurité" nous disent les palestiniens de l'école. Les enfants sont particulièrement touchants, puisqu'on passe le matin a l'école et assurons leur sortie. Et on se demande comment un enfant peut grandir et développer sa confiance dans cet environnement ou la pression est quotidienne. Plusieurs organisations ont ici des activités de thérapie et d'accompagnement pour eux, de sport et de rencontre avec la jeunesse pour qu'ils puissent exprimer ce qu'ils ressentent et éviter de développer la même violence. Nous rencontrons d'ailleurs beaucoup plus de tristesse que de haine. Mais aussi tellement de bonnes énergies chez les palestiniens qui imaginent et construisent des activités positives pour la paix. J'en suis très impressionne, alors que parmi le flot de préjuges qui sont véhicules, certaines personnes pensent qu'ils se posent en victimes du conflit. C'est au contraire une résistance active, sans haine, avec le désir de justice, produisant des projets qui améliorent la vie des gens, prennent soin d'eux et garde en vie leur espoir de vivre un jour en paix.