English    Deutsch    Français    Español    Русский    עברית    العربية 
16.05.05 00:00 Il y a: 4 yrs

Tent of Nations

Categorie: First-hand information

Auteur : Carola Cameran

 

Bethléem est une ville qui déborde véritablement de projets, d’idées, d’associations, qui ont un but principal commun : la paix. Je voudrais vous présenter un projet en particulier qui m’a profondément marquée : Tent of nations – Le chapiteau des nations

 

A la tête de ce projet, une famille chrétienne palestinienne, la famille Nassar. Daoud, le directeur du projet, m’a accueillie dans une magnifique portion de terre qui se situe à 9 kms au sud-ouest de Bethléem, à 950 mètres sur le niveau de la mer.

 

Brève introduction historique

En 1924 le grand-père Nassar acquiert 42 hectares de terre et depuis, les Nassar l’ont travaillée, cultivée et rendue prospère. Le grand-père, les oncles et ensuite le père de Daoud y habitent aussi, abrités dans des caves, qui existent encore aujourd’hui.

En 1991, l’Etat d’Israël prétend qu’un morceau de cette terre lui appartient et s’apprête à confisquer la terre des Nassar pour y bâtir des nouvelles colonies. Daoud et ses frères présentent donc les documents officiels confirmant leur droit de propriété, documents et attestations délivrés à l’époque de l’occupation Ottomane, Britannique, Jordanienne et même d’Israël. Ce sont des preuves concrètes que cette terre leur appartient depuis 1924. Lorsque la famille Nassar proteste contre la volonté de l’Etat d’Israël de confisquer leur terre, un long, interminable procès voit le jour.

En 2001 l’Etat d’Israël décide d’entreprendre la construction d’une route du côté est de la propriété et en 2002, une nouvelle route du côté ouest, sans attendre la fin du procès. Mais ces deux projets sont annulés grâce à l’intervention du Tribunal de Justice d’Israël, en faveur des frères Nassar. Malgré cette petite victoire, le procès continue et les Nassar n’ont toujours pas le droit de construire sur leur terre.

 

Le projet

Tent of Nations est un centre pacifiste de rencontres qui accueille des groupes de jeunes du monde entier. Le projet naît grâce au rêve de Bishara Nassar de constituer un réseau pour les jeunes et leur donner la possibilité de se rencontrer et d’avoir des activités sous un même « toit ». L’idée est simple : une terre sans êtres humains n’a aucun avenir et des êtres humains sans terre non plus. Donc donner une terre à des jeunes gens qui n’en ont pas, leur offrir ainsi la possibilité de reprendre confiance en eux, de tisser des liens avec leur culture et leurs origines, voilà l’objectif de Tent of Nations.

 

En ce qui concerne les activités proposées, voici quelques exemples :

- Ramasser les cailloux et les peindre, pour transformer un objet qui a symbolisé jusqu’à aujourd’hui un geste de violence en objet de décoration symbolisant la paix.

- Utiliser les pierres pour construire des ponts entre les peuples au lieu de jeter des pierres contre les peuples.

- Travailler la terre pour y découvrir ses trésors, la transformer, lui donner sa valeur en tant que patrimoine et pas uniquement en tant que « cause de conflit » entre deux peuples.

- Décorer les caves sous-jacentes -autrefois habitations des Nassar- en lieu de rencontres et de méditation.

- Planter des arbres et en être responsable pour créer un lien direct entre l’homme et sa terre et responsabiliser les jeunes à leur propre environnement.

 

 

 

Daoud Nassar

Daoud a décidé de consacrer son existence au projet de Tent of Nation. Il a étudié en Allemagne et en Autriche, il parle donc parfaitement allemand et anglais. Il a un attachement profond à sa terre qu’il continue à travailler et à soigner quotidiennement, tout en s’occupant du côté administratif du projet. Il a une vision claire de la situation en Palestine et Israël et il n’a pas peur de parler d’injustice et d’oppression, mais il croit à la paix et à une solution entre ces deux peuples voisins et pourtant divisés.

Il a confiance dans l’avenir tout en restant objectif : il faudra du temps pour « oublier » la souffrance subie, mais une vie en voisin reste possible. Il faut ajouter que tout autour de la propriété, il y a des colonies et il est très important pour Daoud et ses frères d’être visibles pour que les Israéliens « juste en face » comprennent également que vivre en voisins et en paix reste tout à fait possible.

 

 

Carola Cameran